Le Savoir-Vivre

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14.10.2008 - La Sexualité : Les filles vulnérables des quartiers pauvres

La Rubrique – La Sexualité :

Les filles vulnérables des

quartiers pauvres sont

plus susceptibles que d’autres

d’avoir des relations

sexuelles au début de l’adolescence

Des chercheurs de l'Université de Montréal, de l'Université du Nouveau-Brunswick et de la Tufts University publient dans la revue Child Development une étude sur le sexe chez les adolescentes vulnérables.

 

Pour les jeunes filles des quartiers pauvres, mieux vaut éviter les euphémismes sur la sexualité que ressortent les parents au moment de la puberté. Il importe plutôt de leur parler de contraception et des risques que présente la fréquentation de garçons plus âgés.

Selon une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Montréal, de l'Université du Nouveau-Brunswick et de Tufts University, et publiée dans la revue Child Development, les filles vivant dans des quartiers pauvres sont plus susceptibles que d'autres d'avoir des relations sexuelles au début de l'adolescence et d'être initiées par des garçons plus âgés.

« Les jeunes filles qui vivent dans des quartiers défavorisés, et plus particulièrement celles qui présentent des problèmes de conduite, sont plus susceptibles que d'autres d'être initiées sexuellement en bas âge, soutient l'auteure responsable de l'étude, Véronique Dupéré, maintenant détentrice d'une bourse de perfectionnement post-doctoral à Tufts University. Les résultats de la recherche, réalisée à l'Université de Montréal, donnent à penser que les quartiers façonnent les groupes de pairs qui, à leur tour, exercent une influence au moment où les filles deviennent actives sexuellement. »

L'équipe de recherche a aussi découvert que les adolescentes de quartiers pauvres ayant déjà souffert de problèmes de conduite sont plus susceptibles de fréquenter des pairs aux comportements déviants et d'être initiées sexuellement par des garçons plus âgés, qui sont d'au moins trois ans leurs aînés. « Nous avons déterminé que les filles qui ont souffert de problèmes de conduite par le passé sont plus susceptibles d'avoir des amis de sexe masculin plus âgés et présentant des comportements déviants en milieu défavorisé, fait observer Véronique Dupéré. Nous croyons que les pairs aux comportements déviants offrent un bassin de partenaires potentiels et cultivent la notion selon laquelle l'activité sexuelle précoce est souhaitable. »

                      
Vaste échantillon

            d'adolescents

Pour les besoins de la présente étude, l'équipe de recherche a eu recours à un sous-échantillon représentatif de garçons et de filles canadiens issu de l'Enquête longitudinale sur les enfants et les jeunes. Au total, 2 596 adolescents canadiens de l'âge de 12 à 15 ans ont été suivis, et environ un quart de ces participants vivaient dans des quartiers défavorisés. « Nous avons tenu compte, en plus des caractéristiques liées au quartier et aux pairs, des caractéristiques familiales comme les antécédents socioéconomiques et la structure familiale ».

« Nous avons découvert que les caractéristiques des pairs représentent un facteur crucial qui permet d'expliquer pourquoi les jeunes filles à risque vivant dans des quartiers défavorisés sont plus susceptibles d'être initiées sexuellement à un âge précoce, fait observer Éric Lacourse, co-auteur de l'étude et professeur de sociologie à l'Université de Montréal et chercheur à l'Hôpital Ste-Justine. Pendant l'adolescence, les pairs exercent une influence substantielle sur différents aspects du comportement, et les résultats de l'étude démontrent que la sexualité ne fait pas exception à la règle. »

                  
Les filles à risque plus

     vulnérables que les garçons

Dans le cadre de la présente étude, les participants ont révélé eux-mêmes les problèmes de conduite qu'ils ont connus alors qu'ils étaient âgés de 10 ou 11 ans. Mentionnons, parmi les comportements à risque, l'agression physique (p. ex. intimidation, bagarres, coups de pied), les tendances destructrices (p. ex. vandalisme, vol) et l'inobservation des règles (p. ex. s'enfuir, découcher). Les sujets étaient considérés comme ayant des problèmes de conduite s'ils révélaient au moins trois comportements à risque au cours d'une année. Sur l'ensemble des sujets formant l'échantillon, 13 pour cent étaient considérés comme souffrant de troubles du comportement.

Le fait de vivre dans un quartier défavorisé n'était pas, chez les garçons, directement lié

au moment où survient l'initiation sexuelle. « Contrairement à ce qui se passe chez les filles, pour qui les pairs constituent un facteur prioritaire, les risques personnels et familiaux semblaient influencer davantage les garçons en ce qui a trait au moment de leur première expérience sexuelle, souligne Véronique Dupéré. »

                 
Utilité de l'étude à des

       fins d'éducation sexuelle

Du point de vue de la santé publique, soutient la chercheure principale, il est important de déterminer quand et pourquoi les filles deviennent actives sexuellement. « D'autres études, dit-elle, démontrent que les filles précoces sexuellement sont plus susceptibles de contracter des infections transmissibles sexuellement, de vivre une grossesse non désirée pendant l'adolescence et de signaler des expériences sexuelles non consentantes. »

« Comme cette étude expose la situation de jeunes adolescentes particulièrement vulnérables, elle constitue un outil précieux en vue d'interventions éducatives futures, ajoute la chercheure. Pour en optimiser l'efficacité, on doit faire en sorte que les programmes d'éducation sexuelle tiennent compte du contexte social dans son ensemble, et prendre des mesures adéquates pour amener les jeunes adolescentes à y participer. »

Source : Information Hospitalière



15/10/2008
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