Le Savoir-Vivre

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12.04.2008 : La Rubrique - Connaître Son Corps : 5. Ma Journée Sans Culotte

La Rubrique - Connaître Son Corps :

5. Ma Journée Sans Culotte

« Comment Alix, tu portes encore une culotte ? »

 S'esclaffe une jeune et jolie pigiste du

journal que je détesterais de toutes les

 fibres de mon être, ne serait ma nature d'ange

« Ça ne se fait plus du tout, ma pauvre chérie », me tance gentiment une chef. Je regarde les vingt femmes qui m'entourent, mon imagination yoyotant comme un disque dur affolé. Ainsi, à cette conférence de rédaction, tout le monde va cul nu ? C'est consternant, mais c'est ainsi : désormais, pour dynamiser sa libido, plus une femme dans le vent ne supporte de tissu entre ses fesses et le monde alentour. Promis, demain j'essaye.

9 h Ça tombe bien, aujourd'hui, j'ai plein air. C'est le 14 Juillet, ma belle-mère a prévu un barbecue informel avec les voisins de sa résidence à Vaucresson.

10 h Je fais un petit signe amical à mon slip " à demain, copain " et, dans ma penderie, j'avance la main vers une jupe. En même temps, si le vent se lève, c'est pas jouable, les piles des pacemakers des grands-oncles tiendront jamais.

11 h J'opte pour le pantalon. A même la... peau, c'est tellement inconfortable que c'en est douloureux. Didier – vous ai-je déjà parlé de mon époux ? – ne voit pas la différence, évidemment, mais, en moins de dix secondes, ma fille de 14 ans m'informe discrètement de l'effet " pied de chameau " de mon entrejambe (bien sûr que la formule a de quoi retourner le coeur, mais allez donc faire du Yourcenar sur le thème " 24 h sans culotte ", lectriçounettes).

12 h Tant pis, va pour la jupe, que je leste à tout hasard en pinçant dans la doublure des plombs pour nappe en forme de cerise (cadeau de mariage jamais utilisé).

13 h Chez ma belle-mère, la fête bat son plein. L'âge moyen est d'environ 87 ans, bébés de mes belles-soeurs compris. Je crains le vent mauvais, ou l'effet pervers d'un soleil à contre-jour (ah, Diana, été 1982 ! J'avais... 2 ans, je m'en souviens comme si c'était hier).

13 h 30 Ouf, il bruine.

14 h Pour vous dire la vérité, à cet instant, je ne me sens pas violemment érotisée par le contact de l'air contre mon " intimité ", on dit dans les pubs pour gel à foufoune.Je suis plutôt tendue comme un string, comme je m'en fais la plaisante réflexion, non sans nostalgie. Mon royaume pour un tanga.

15 h Ce préfet en retraite, qui tapote sans relâche la chaise à côté de lui : " Venez me faire une petite causette, ma jolie ", devient un vrai problème. C'est adorable, mais m'asseoir, c'est beaucoup trop dangereux, surtout du Skaï. Je visualise, épouvantée, un éventuel et

16 h Je suis debout depuis deux heures, dents serrées, et pas que les dents. Dans le jardin, l'assistance, stimulée par une surdose de Fernet-Branca, lance une grande chenille dans toute la résidence. " Maman ne comprendrait pas que tu ne t'y joignes pas ", dit Didier.

17 h J'en peux plus, je veux m'allonger dans l'herbe. Non, trop risqué. Pendant la chenille, les mains du préfet ont plusieurs fois ripé latéralement sur mes hanches, depuis ilne me quitte plus des yeux, rouges comme la couv' du Who's Who.

18 h Après l'apéro, comme les autres, je fais tourner les serviettes. Le préfet, lui, se contente de malaxer frénétiquement un abricot en me lançant force regards appuyés. Salaud, avec une femme handicapée, en plus.

19 h Nous prenons congé. Ouf, j'ai tenu bon, je suis sauvée ! Nous voyant sur le départ, le préfet déboule comme un fou et me fait un croche-patte avec le déambulateur de son épouse. Je tombe à terre, jupe aux oreilles. L'assistance se fige : mon pubis a deux cerises rouges au côté droit. Demain, je teste l'étranglement sur supérieur hiérarchique.

Source : Elle



12/04/2008
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