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09.07.2008 : La Rubrique . Les Variétés : Le soutien-gorge : Un centenaire qui se porte toujours bien

La Rubrique – Les Variétés :

Le soutien-gorge :

Un Centenaire qui se porte toujours bien

Désormais incontournable, le soutien-gorge a su évoluer avec l'air du temps, jusqu'à devenir un symbole de liberté. Aujourd'hui, il se décline de toutes les manières.

Une jeune femme de 23 ans décède subitement après un bal. Autopsie faite, les médecins s'aperçoivent que son foie a été percé par 3 côtes… Cette histoire est tirée d'un journal parisien de 1858. A cette époque, le corset comprimait dangereusement les organes et le plexus solaire, impliquant des évanouissements à répétition voire des morts subites.


Quand la femme au foyer se mue en «prostituée»

 


Près de 50 ans plus tard, le 15 novembre 1907, le magazine «Vogue» emploie pour la première fois le terme de «brassière» (devenu le mot «bra» en anglais) pour décrire un nouveau style de corset, plus petit, plus confortable: le monde est enfin prêt à accueillir le soutien-gorge et les femmes respirent.
«Avec le soutien-gorge, ce qui est en jeu, ce sont les codes de la féminité», explique Farid CHENOUNE, historien de la mode et auteur d'une «Histoire de la lingerie de la fin du XIXe siècle à aujourd'hui.»


Selon lui, l'histoire des dessous au XXe siècle raconte «l'entrée de la rhétorique et des artifices de la femme légère dans le foyer conjugal. La frontière s'efface entre la sexualité sans désir ni jouissance de l'épouse-mère et l'érotisme expert de la prostituée». La femme endosse à la fois les rôles de mère, d'épouse et d'amante.

Des hauts et des bas


Si l'existence de bandeaux soutenant la poitrine est attestée depuis l'Antiquité, il a fallu attendre le XXe siècle pour que la femme revendique sa séduction et sa sexualité.


Dans les années 1970, le soutien-gorge fut jeté aux orties par certaines activistes du Mouvement pour la libération de la femme (MLF), qui y voyaient le symbole de l'oppression masculine.


Au début des années 1980, changement de programme, les femmes adoptent une lingerie raffinée et des dessous provocants. Elles ont été aidées en cela par la publicité, qui a su rapidement transformer un aspect pratique (le soutien-gorge maintient la poitrine) en un acte de liberté et un principe de séduction.


Le célèbre «regardez-moi dans les yeux» de la marque Wonderbra a permis de vendre 1,6 million de modèles en France en 1994, l'année de son lancement. La série des «Leçons» de la maison Aubade existe depuis 1993, assurant à la marque une forte notoriété auprès des hommes mais aussi des femmes, qui y verraient un message valorisant leur pouvoir et leur initiative.


En plus du fond, le changement s'est appliqué également à la forme: en vingt ans, la poitrine des Européennes a augmenté. Les professionnels précisent d'ailleurs que les bonnets C et au-delà représentent plus de la moitié des ventes, une évolution imputable à l'avènement de la chirurgie esthétique.

Une aubaine économique


«Aujourd'hui, la lingerie s'est déculpabilisée. Certains modèles osés, autrefois réservés aux sex-shops, apparaissent dans les boutiques de sous-vêtements.» affirme Elise ANDEREGG, une jeune styliste Suisse.


Sur le plan économique, la lingerie en général, et le soutien-gorge en particulier, est le seul secteur du textile qui ne connaît pas la crise: près de 2,5 milliards d'euros de dépenses en France. Selon les derniers chiffres fournis par le Salon de la lingerie de Paris, une femme dépense en moyenne 100 euros par an pour sa lingerie. Les championnes de la consommation de dessous sont les jeunes filles de 15/25 ans, qui déboursent 122 euros par an pour leur petite lingerie. Elles investissent le plus souvent dans des ensembles colorés et bon marché, proposés par les grandes chaînes de magasins.


Elles sont talonnées de près par les cinquantenaires, qui accordent près de 120 euros de leur budget à l'achat de lingerie fine, plus luxueuse, plus assumée. Le corset, symbole de raffinement, fait également son come-back, s'assumant au grand jour :
«La lingerie moderne se porte dessus et dessous », explique encore Elise ANDEREGG, on ne se contente plus d'en acheter pour un événement particulier, mais pour le quotidien.»


De la lingerie hyper sexualisée aux dessous confortables, en passant par les sous-vêtements de sport, les femmes ont désormais le choix. Finalement, n'est-ce pas en ce sens que le soutien-gorge a permis aux femmes de respirer?

Source : Tdg.Ch





09/07/2008
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